On vous a déjà présenté le champagne sans alcool. Cette fois, je vous parle d'une bouteille qui en reprend les codes sans jamais prétendre en être : le Pristin Sellier de la Maison de Froy.
Pristin Sellier : le test à l'aveugle
J'ai reçu un jour une bouteille de Pristin Sellier, et une fois mon rhume passé, j'ai profité d'un dîner avec des amis pour la goûter à l'aveugle. Je l'avais mise au réfrigérateur longtemps à l'avance, puisque l'étiquette demande de la boire très fraîche, et j'avais sorti les flûtes et quelques amuse-bouches.
Au service, j'ai laissé la bouteille bien en vue (j'y reviens plus bas) en cachant les deux mentions « 0 % » avec mes grosses mains, pour que personne ne la juge d'avance comme une boisson sans alcool.
Voici ce que j'ai entendu autour de la table :
- « C'est très parfumé. »
- « C'est bon, c'est doux, ça ne doit pas être trop fort en alcool », avec un petit sourire.
- « Elle est sympa, la bouteille. »
- « Tu l'as achetée où ? »
- « Il en reste un peu, s'il te plaît ? »
Je m'arrête là, vous avez compris l'ambiance. Et ce sont des invités dont certains n'aiment pas spécialement les bulles, champagne ou crémant.
Mon avis sur Pristin Sellier
L'un des fondateurs de la Maison de Froy, Frédéric de Dorlodot, a expliqué en interview :
Ce n'est pas du champagne, et encore moins du champagne sans alcool. C'est quelque chose de complètement différent, mais nous l'avons voulu comme une alternative crédible au champagne, et ... sans alcool
Je comprends la nuance. L'appellation champagne est très encadrée, et la maison n'a aucune raison de s'y frotter.

Elle en reprend pourtant tous les codes :
- la forme de la bouteille, une champenoise allégée ;
- l'étiquette noir et argent, que je trouve très classe, avec un blason qui fait haut de gamme ;
- un vrai bouchon en liège, avec la forme qu'on connaît sur les bouteilles de champagne ;
- la mention « Breuvage noble » ;
- une communication très soignée, avec des photos dans les vignes et des voitures de luxe.
Dans le verre, la robe est d'un jaune doré, avec des bulles bien présentes.
La première gorgée m'a surpris. J'ai l'habitude de goûter un produit en bouche avant de le sentir, et mon premier réflexe a été de penser à un très bon cidre, du genre de ceux qui raflent des médailles. Puis le cerveau se remet en place : ce n'est pas de la pomme, c'est du raisin. Du muscat de Provence, pour être précis, un raisin coloré et naturellement sucré. Au nez, on retrouve l'odeur qui flotte au-dessus des cuves juste après les vendanges.
C'est une excellente boisson, qui a sa place dans le haut de gamme du sans alcool. Servez-la très, très fraîche : le muscat est naturellement sucré, et le froid empêche ce côté liquoreux de prendre le dessus.
Pristin Sellier en 2026 : ce qui a changé
Depuis mon test, la Maison de Froy, une maison bruxelloise lancée en 2016, a fait évoluer sa recette. Le Pristin Sellier était déjà à 0,00 % d'alcool et sans sucre ajouté. Il est désormais aussi sans sulfites et sans conservateurs. Les bouteilles sont toujours habillées à la main en Belgique, par une entreprise de travail adapté.
La gamme compte maintenant un blanc et un rosé. Si vous aimez les bulles roses, comparez-le avec les effervescents présentés sur notre page rosé sans alcool.
Le prix a suivi : comptez une vingtaine d'euros la bouteille, contre 11,90 € à l'époque de mon test. On le trouve surtout chez des revendeurs belges et sur le site officiel de la marque, Pristinsellier.com.
Merci encore à la Maison de Froy pour cette découverte. Et comme il affiche 0,00 %, vous pouvez en reprendre une coupe même si c'est vous qui ramenez tout le monde.