Amateurs de vin, sachez-le : en France comme ailleurs, des vignerons produisent du vin sans alcool. J'entends déjà les cris : quelle infamie, du vin sans alcool ! Et pourquoi pas du fromage sans lait ou une omelette sans œufs ? Pourtant, les meilleures bouteilles tiennent la comparaison avec bien des vins qu'on trouve chez les cavistes, et l'idée n'a rien de neuf : l'Allemand Carl Jung a breveté un procédé de désalcoolisation dès 1908.
La fabrication du vin sans alcool

Tout commence par un vin normal : vendange, fermentation, élevage. C'est seulement ensuite qu'on lui retire son alcool, et c'est là que les caves se distinguent. Contrairement à une idée reçue, on ne fait pas bouillir le vin, ce qui lui donnerait un goût de cuit.
Trois techniques dominent :
- La distillation sous vide abaisse la pression pour que l'alcool s'évapore à basse température. C'est la plus répandue, et les arômes qui partent avec l'alcool sont captés puis remis dans le vin.
- L'osmose inverse fait passer le vin à travers une membrane très fine qui retient les arômes et laisse filer l'eau et l'alcool. On sépare ensuite l'alcool, puis on réassemble.
- La colonne à cônes rotatifs extrait d'abord les arômes les plus volatils, puis l'alcool, en quelques secondes et à basse température.
Le vin est ensuite filtré, mis en bouteille et étiqueté comme n'importe quel autre. Sur l'étiquette, vous lirez souvent « vin désalcoolisé » ou « boisson à base de vin désalcoolisé » plutôt que « vin sans alcool ».
Il existe dans toutes les couleurs, et chacune a sa page :
Le vin sans alcool est-il dangereux ?
Non, mais il n'est pas anodin pour tout le monde. Quatre points méritent votre attention.
Le premier, ce sont les traces d'alcool. Un vin désalcoolisé peut en contenir jusqu'à 0,5 %. C'est très peu, mais si vous êtes enceinte, si vous suivez un traitement incompatible avec l'alcool ou si vous devez rester à zéro absolu, cherchez les cuvées affichées 0,0 %.
Le deuxième concerne l'arrêt de l'alcool. Pour une personne qui a arrêté de boire, le goût, la bouteille et le geste du verre de vin peuvent raviver l'envie. Certains le vivent très bien, d'autres non : parlez-en à votre médecin ou à votre addictologue avant d'en faire une habitude.
Le troisième, c'est le sucre. Sans alcool, le vin perd en rondeur, et beaucoup de producteurs ajoutent du moût de raisin pour compenser. Si vous êtes diabétique ou que vous surveillez votre glycémie, lisez la ligne « dont sucres ».
Le dernier, ce sont les sulfites. La désalcoolisation ne les supprime pas, et un vin sans alcool ouvert s'oxyde plus vite qu'un vin classique, ce qui pousse certains producteurs à en mettre. Les personnes sensibles choisiront les cuvées « sans sulfites ajoutés ».
Combien de calories dans un verre de vin sans alcool ?
L'alcool fournit l'essentiel des calories d'un vin : un verre classique de 10 cl en compte autour de 70. Sans alcool, on tombe à une douzaine de calories pour les cuvées les plus sèches, comme le rosé Grain d'Envie, un peu plus pour les plus sucrées. La différence reste nette pour ceux qui surveillent leur ligne sans vouloir renoncer au verre de vin à table.
Quel est le meilleur vin sans alcool ?
Tout dépend de la couleur. Le blanc et le rosé supportent le mieux la désalcoolisation, parce qu'on les boit frais et qu'ils misent sur le fruit. Le rouge est plus délicat, mais des vignerons comme Pierre Chavin, Moderato, L'Arjolle ou le Domaine Villa Noria, avec sa gamme Levin, s'en sortent bien.
Parmi les marques historiques, Bonne Nouvelle et d'autres marques proposent du rouge, du rosé et du blanc à petit prix, et reste notre choix pour un apéro sans prise de tête. Pour les grandes occasions, tournez-vous vers les effervescents sans alcool, en gardant en tête qu'un champagne ne peut pas être sans alcool : l'appellation l'interdit.
Servez blancs et rosés entre 6 et 10 °C, les rouges un peu plus frais que d'habitude. Une fois ouverte, la bouteille se garde moins longtemps : comptez 3 à 5 jours au réfrigérateur.
Où acheter du vin sans alcool ?
C'est la boisson sans alcool la plus facile à trouver. Leclerc a un rayon dédié aux boissons désalcoolisées, et Carrefour, Auchan, Intermarché ou Monoprix ont tous leurs références, souvent rangées à côté des vins classiques. Les prix démarrent à moins de 3 € pour les cuvées de grande surface et montent à une quinzaine d'euros pour les vins de vignerons. Chez les cavistes, Nicolas a désormais sa sélection de vins sans alcool, tout comme les sites spécialisés.
Les amateurs de boisson non alcoolisée trouveront donc facilement de quoi remplacer le vin à table, du petit rosé d'été au rouge de vigneron.